Prison avec sursis requise contre Rima Hassan pour apologie du terrorisme, Mélenchon accuse Netanyahou
Le tribunal correctionnel rendra sa décision le 30 novembre


Le parquet de Paris a requis ce mardi dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre l’eurodéputée de La France insoumise Rima Hassan, poursuivie pour apologie du terrorisme. Le tribunal correctionnel rendra sa décision le 30 novembre.
Au cœur de l’affaire : un message publié le 26 mars sur le réseau social X, puis supprimé, dans lequel l’élue reprenait une citation attribuée à Kozo Okamoto, membre de l’Armée rouge japonaise et l’un des auteurs de l’attentat commis le 30 mai 1972 à l’aéroport de Lod, près de Tel-Aviv. L’attaque, menée au nom de la cause palestinienne, avait fait 26 morts et environ 80 blessés.
« J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir », pouvait-on lire dans la publication attribuée à Okamoto.
Pour le ministère public, reprendre ces propos revient à « banaliser » le massacre et à « valoriser l’auteur de l’attentat », ce qui constitue une apologie du terrorisme. Le parquet a également rejeté les accusations d’instrumentalisation politique, affirmant que les poursuites n’étaient pas liées aux opinions de l’eurodéputée.
À l’ouverture du procès, lundi, Rima Hassan avait dénoncé une « tentative d’intimidation » et une volonté de réduire au silence une élue de l’opposition. Elle avait indiqué qu’elle n’avait « pas d’autre choix » que d’exercer son droit au silence.
Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi aux réquisitions sur X. « Contre la députée Rima Hassan, sous le prétexte d’apologie du terrorisme, au nom du gouvernement, le procureur requiert : dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité », a écrit le fondateur de LFI. Il a ensuite accusé « la macronie » de sombrer dans « la honte de tous les abus de pouvoir et de la servilité devant les demandes de Netanyahou ».